ورقــلــة – الجزائر


10 avril


10 avril


11 avril


11 avril


Mercredi 10 avril 2013, l’affichage officiel d’une liste d’attribution de plusieurs centaines de logements sociaux a mis le feu aux poudres dans la ville de Ouargla. Comme souvent en Algérie, de nombreuses personnes se sentent lésées par l’injustice “politique” des distributions de logements, et cela déclenche souvent des réactions de colère qui peuvent tourner à l’émeute. C’est donc ce qui s’est passé à Ouargla, où des scènes de guérilla urbaine ont duré trois jours, de mercredi jusqu’à vendredi.

De nombreuses entreprises ou bâtiments institutionnels ont été pris pour cibles par les émeutiers: le siège de la daïra, celui du parc logistique communal, les agences CNAS [Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés], CAAR [assurance algérienne], CNEP [banque algérienne], BADR [banque algérienne], Mobilis [opérateur de téléphonie mobile], l’entreprise chinoise chargée du projet des stations de déminéralisation, et la SNTA [Société nationale des tabacs et allumettes] ainsi que les directions de l’éducation et de la formation professionnelle ont été saccagés.

Selon un article paru ce samedi 13 avril dans El Watan, “les émeutiers ont également tenté une incursion au niveau du complexe régional des PTT de Mekhadma, que la police a réussi à préserver cette fois-ci. Mais les protestataires se sont rabattus sur les chambres de câbles téléphoniques et de fibre optique, provoquant ainsi l’isolement total de Ouargla et Hassi Messaoud depuis jeudi soir jusqu’à hier après-midi.”

“Dans la nuit de mercredi à jeudi, la protestation a fait tache d’huile s’étendant aux quatre coins de la ville, et ce, jusqu’à l’aube pour reprendre dans la matinée à partir du même point de départ : le siège de la daïra de Ouargla. Les affrontements ont repris dans la soirée de jeudi, lorsque des jeunes encagoulés ont essayé d’incendier le siège de la sûreté de wilaya de Ouargla sur l’avenue de la Palestine.”

Les affrontements entre émeutiers et flics anti-émeute ont été longs et violents. Un bilan fait état de “27 blessés parmi les forces de l’ordre, dont un policier ayant subi de graves traumatismes”, évacué vers un CHU. Pas de chiffres du côté des émeutiers blessés par la répression policière…

“Sur le plan matériel, une trentaine de véhicules communaux, six autres de la BADR et plusieurs voitures de particuliers ont été incendiés.”

Toujours d’après le journal El Watan, “le gel de la liste de la discorde a été décidé, jeudi soir, par le wali de Ouargla”, qui prétend qu’il se chargera désormais personnellement de superviser les enquêtes sociales et les prochaines attributions. Comme si ça allait rendre tout cela moins arbitraire…

La colère qui s’est exprimée pendant ces quelques jours a aussi donné lieu à des ouvertures de “squats des logements sociaux achevés à El Khafdi où plusieurs familles attributaires ou exclues ont décidé d’élire domicile dans ces maisons inoccupées”.


Sources / presse mainstream algérienne:
El Watan / 10 avril / 13 avril
L’Expression / 13 avril